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L’interview hyperactive de Lucas Beaufort

29.08.2025
 Chaque  seconde  compte  ! 

Lucas Beaufort dessine, beaucoup et partout, surtout lorsqu’il voyage, ce qui représente 90% de son temps. Artiste franc et spontané, il n’y va pas par quatre chemins quand il a des choses à dire et à faire ; « chaque seconde compte ! » comme il aime le clamer. Tous les supports lui conviennent, et avec de simples traits, quelques couleurs et de la simplicité, il appose son style.

Un artiste pop, aussi à l’aise devant une toile, une façade ou pour un collaboration avec Opinel. Voici comment se traduit un moment en sa compagnie.

Tu as commencé en travaillant pour le magazine de culture skate/surf Désillusion. Tu peux revenir sur cette période ?

Je connais la personne qui a créé le magazine depuis le lycée. Il faisait du BMX, toujours à fond pour faire et créer des trucs. Il avait une marque de vêtements, et il faisait Désillusion, un fanzine sur le skate. On avait 17/18 ans, je faisais du skate, on était potes.

Quand j’ai fini mes études il m’a proposé un boulot : gérer la publicité pour Désillusion. qui devenait un vrai magazine. On a bossé huit ans ensemble, une formation à la dure, mais ça permet de progresser.

Le magazine a commencé tellement bas, avec une playmate à l’intérieur par exemple, qu’il fallait se remettre tout le temps en question pour avancer. Ça a été rigoureux, et c’est comme ça que je suis dans mon travail artistique aujourd’hui.

 la  seule  chose  que  je  sais  c'est  ce  que  je  veux  véhiculer... 

À un moment, tu bascules vers une activité artistique…

C’est clair que j’en ai surpris plus d’un ! Quand j’ai commencé à dessiner, c’était un pur hasard : noël 2006, je ne savais pas quoi offrir à mon frère, je fais un dessin et je lui offre. Ma famille, qui était encourageante, m’a dit « C’est cool, tu devrais pousser le truc », et on m’a demandé une toile. C’est ce qui m’a donné envie de continuer.

Ensuite, j’ai eu une page d’illustration dans chaque numéro de Désillusion. C’est vrai que c’est bizarre de commencer à 26 ans, mais je crois que c’était latent. Je faisais beaucoup de cauchemars, et quand j’ai commencé à dessiner ça s’est calmé. Le dessin a permis d’extérioriser tout ça.

Et quand ça devient un peu plus sérieux, la seule chose que je sais c’est ce que je veux véhiculer : l’échange, l’amour, on est là pour partager un moment, un chocolat, un café, c’est tellement important pour moi. Et surtout, je crois qu’être très motivé te permettra d’accéder à tes rêves.

Permets-moi de sortir cet exemple : j’avais 14 ans dans un petit village, Valbonne, dans le Sud-Est, où il y avait quelques skateurs et une très belle place avec des bancs en marbre. J’ai encore cette image de moi avec sous le bras une planche Daewon Song, un skateur américain que j’aimais beaucoup à l’époque.

Vingt ans plus tard je dessine une série de planches pour la marque Almost, à laquelle Daewon appartient. Et donc un modèle pour Daewon Song. Il y a une fierté derrière ça, c’est encore une preuve que c’est possible.

 j'aurais  aimé  être  présent... 

Tu dirais que tes personnages ajoutés sur les couvertures de magazines de skate va dans ce sens ?

J’ai réalisé environ 800 couvertures, je voulais arrêter car des gens disaient que je ne savais pas faire autre chose (sourire). Ça m’a touché, et un mois plus tard j’en refais une, je la poste sur Instagram et j’écris : « À bas les médisants, si j’ai envie de le faire, je le ferai ! »

Quand les gens disent « Lucas customise des covers » je trouve ça nul ! Ça va plus loin que ça. Il y a des gens impliqués dans la fabrication de cette image, un photographe, un skateur… On ne m’a pas invité ce jours-là mais je me suis ajouté dedans ! C’est une façon de dire « j’aurais aimé être présent. » On peut l’interpréter différemment, dire qu’on accepte l’étranger aussi.

Et tu as enchaîné avec les expos LB Project…

J’ai cru en tant qu’artiste que c’était bien de fédérer. J’ai fait LB Project, des expositions collectives à Paris, Berlin, Copenhague… J’ai rassemblé des artistes, comme Michael Sieben et Todd Bratrud, des mecs que j’idolâtrais, qui ont fait beaucoup pour le skate. Je les ai rencontrés et je leur ai donné cinq planches de skate qu’ils ont peintes. Et on a fait les expos. Les fonds que j’ai récoltés, je les ai donnés à la fondation Skateistan.

Après ça, j’ai réalisé que réunir des artistes c’était bien, mais difficile. C’est beaucoup de mouron pour une bonne cause, mais ils ont travaillé gratuitement, donc ils ont aussi d’autres priorités. Ensuite, j’ai réalisé le documentaire DEVOTED, sur les magazines papiers de skate, et ça a été un très beau moment.

Pour conclure, on dit qu’il y a une femme derrière chaque grand artiste…

Tu as touché un truc-là ! Je suis ultra féministe. J’aime plus la femme que l’homme. Grâce à elles la terre n’a pas explosé. Ma femme, c’est mon diamant, c’est elle qui a fait ce que je suis aujourd’hui.

https://www.instagram.com/lucas_beaufort
Lucas est à l’initiative de THE ART CAMP

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