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Claire Fanjul :
sphères, détails & vanités

16.10.2019
 C'est  le  vocabulaire  graphique  des  graveurs  que  l'on  retrouve  dans  mes  dessins. 

Claire Fanjul a aujourd’hui 32 ans et c’est lors de ses premières expositions, dès l’âge de 17 ans, qu’elle rêve de devenir artiste.

Passionnée de dessin, de peinture et de gravure, c’est après le bac qu’elle prend cette décision, une réponse à la fameuse question : « Mais qu’est-ce que tu veux faire dans la vie ? »

Ne sachant pas quel cursus suivre pour atteindre ce but, elle s’inscrit à la fac d’arts plastiques pour étudier la théorie et les pratiques artistiques. Elle explique : « J’ai acquis principalement des techniques de gravure car c’était un univers qui m’attirait beaucoup et je voulais aussi avoir des connaissances sur l’histoire de l’art, pour savoir de quoi je parle. »

Dans un premier temps, c’est donc la gravure qui devient son medium de prédilection. « Pointe sèche, burin et matrices en bois, linoléum ou cuivre » envahissent son quotidien. Elle s’intéresse alors aux estampes d’Albrecht Dürer, de Martin Schongauer, ou encore aux dessins de Bruegel, dont les saynètes deviennent des sources d’inspiration. Son œil se forme en parcourant les œuvres des maîtres anciens, découverts dans les livres et les musées.

Après plusieurs années de gravure intensive, Claire se tourne peu à peu vers le dessin et y applique ce qu’elle a appris : « C’est le vocabulaire graphique des graveurs que l’on retrouve dans mes dessins. » confie-t-elle. La plume, l’encre de Chine et le Posca lui permettent de couvrir la surface plane du papier. Inspirée par l’art ancien et avec un geste de plus en plus spontané, elle invente, entre autres, des monstres qu’elle qualifie de « préoccupation universelle ». Ils étaient déjà beaucoup représentés au Moyen Âge par les graveurs dont elle scrute les œuvres.

Le support évolue quand elle collabore avec l’association La Source pour customiser une table éditée par Vitra. Elle travaille également avec un galeriste belge qui propose à ses artistes de dessiner sur un œuf d’autruche, elle aime le support et continue dans cette voie : « Les coquilles ont toutes des textures différentes, parfois granuleuses et des teintes variées. Je demande aux éleveurs qui me les fournissent de choisir les plus lisses possible. »

L’ovoïde bouleverse sa manière de dessiner : « Mon dessin est devenu plus invasif, les connexions entre les motifs se font de manière instinctive et je dois me retenir pour garder des espaces blancs. Au début, mon trait était plus grossier et j’ai progressé avec le temps, mon trait s’est affiné. J’ai ajouté de plus en plus de détails, je veux que l’œil soit sollicité autant de loin que de près, même en plongeant littéralement dans le dessin. Je suis une maniaque du trait net et de la ligne tracée comme une incision ! »

En 2018, elle découvre des sphères en bois sur lesquelles elle dessinera des cartes imaginaires. La matière est différente, il faut jouer avec les nœuds du bois et c’est sensuel comme elle aime le rappeler.

Elle invente aussi un alphabet imaginaire pour qualifier les continents et les étendues d’eau : « C’est un monde rêvé où s’accumulent les vestiges de la culture ancienne. Je parle d’un futur proche, d’une autre planète sur laquelle on déplacerait la population mondiale. Et même si ça évoque des problématiques actuelles, je n’ai pas de parti pris écologique, je ne pense pas à tout ça quand je dessine. Les interprétations apparaissent bien après la phase de création. Ce qui m’importe avant tout c’est le plaisir de dessiner. C’est vrai que je dessine peut-être des mondes pour s’échapper, dans tous les sens du terme. »

Dessiner sur ces sphères en bois une multitude de détails, c’est aussi développer des trucs« J’utilise le Posca car c’est le meilleur outil que j’ai trouvé pour dessiner sur le bois, ensuite j’applique un vernis pour les parquets comme ça on peut les tenir entre les mains sans laisser de traces. »

En 2012 commence l’aventure avec la revue HEY! quand Claire rencontre Anne et Julien via le directeur d’une galerie d’art brut, Christian Berst. Ils présentent dans la revue ses dessins représentant des volatiles, et en 2018 les planètes Utopia sont publiées et présentées à l’exposition HEY! Act IV à la Halle Saint Pierre à Paris.

Le couple défend un travail manuel et intimiste, avec une profonde implication et application de la part des artistes. Claire ajoute : « Le point commun entre les artistes de HEY!? Je crois que c’est un acharnement au travail, des processus de création fastidieux, quasi monastiques. HEY! est un bel écrin pour accueillir mon Monde intérieur. »

 

Claire Fanjul est sur Facebook, Instagram et a un site internet.
Le portrait de Claire est une photo de C. Tahon.
Les images des sphères sont de D. Thirion.

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